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Genèse du Génie belge         




    (rédigé le Major Willy BROU , article paru en 1955 dans la revue de

la « Fraternelle royale du Génie du corps de cavalerie et du Génie de combat »).



1. Le bataillon de sapeurs-mineurs : ancêtre de notre arme.


    L’origine vraiment nationale de l’arme du Génie remonte au 27 octobre 1830. C’est à cette date que, par arrêté du Régent confirmant un décret rendu par le Gouvernement Provisoire et relatif à l’organisation provisoire de l’Armée Nationale, fut créé à Liège un bataillon de sapeur-mineur.


    Un nouvel arrêté du Gouvernement Provisoire, en date du 22 janvier   1831, régla la composition provisoire de ce bataillon : commandé par un lieutenant-colonel, il était constitué de six compagnies de campagne. Le bataillon était placé sous le contrôle du Directeur Général du Génie. Sous-officiers et soldats devaient avoir moins de trente-six ans, devaient connaître un métier et contracter un engagement de quatre à six ans. Le recrutement fut laborieux et pour l’activer, on institua une prime d’engagement de ... douze florins !


    Par suite de la situation politique inquiétante et à cause des menaces militaires de nos voisins du Nard, la 1re compagnie de ce bataillon, une fois encadrée et constituée, fut détachée en mai 1831 auprès le l’Armée de la Meuse. Puis, au fur et à mesure de leur constitution et de l’avancement de leur instruction, les autres compagnies du bataillon furent successivement détachées au loin. Le 15 juillet 1831, la situation du bataillon était la suivante :

  1. -l’état-major du bataillon était à Liège, en même temps que la 5e et la 6e compagnies, en réserve;

  2. -Les 1re et 3e compagnies faisaient partie de l’Armée de la Meuse;

  3. -Les 2e et 4e compagnies faisaient partie de l’Armée de l’Escaut.


    Il est intéressant de noter quelques activités du bataillon durant la campagne d’août, contre les envahisseurs hollandais.  La première compagnie participa aux combats que l’Armée de la Meuse livra aux troupes hollandaises à Zonhoven et à Kermpt. Une partie de la 4e compagnie prit part aux combats de l’Armée de l’Escaut à Turnhout et à Louvain. Pendant ce temps, la 2e compagnie, renforcée du restant de la 4e compagnie, effectua des travaux de siège contre la citadelle d’Anvers, occupée par une garnison ennemie. Les travaux de siège étaient confiés au Colonel Dutilloeul, commandant supérieur du Génie de l’Armée de l’Escaut.


    Le 25 août 1831, ces travaux furent arrêtés, l’ennemi menaçant de faire bombarder de nouveau la ville d’Anvers par les canons de la citadelle : les épaulements des batteries belges furent rasés et les tranchées comblées par les unités du Génie de l’Armée de l’Escaut.


    Quelques dix-huit mois plus tard, le 20 janvier 1833, il fut créé par arrêté royal, une compagnie de dépôt, rattachée au bataillon des sapeurs-mineurs.




  1. 2. Le développement du Génie jusqu’en 1914.



    Le 4 juin 1837, un arrêté royal prescrivait la formation d’un régiment du génie à dix compagnies, avec un cadre de dépôt. Le 7 juillet 1847, ce régiment s’étant avéré trop lourd à manoeuvrer, fut subdivisé en deux bataillons à cinq compagnies.


    Le 15 avril 1868, un arrêté royal ordonnait la création de trois compagnies spéciales du Génie :

  1. -une compagnie de télégraphistes;

  2. -une compagnie de pontonniers du Génie;

  3. -une compagnie d’ouvriers.


    1870! L’Armée belge se mobilise. Des détachements du Génie courent aux frontières et y préparent la destruction des principales voies de communication. Le régiment du Génie est écartelé : deux compagnies sont à Termonde, une à Diest, une à Liège, une au fort de Sainte-Marie pour la défense du Bas-Escaut, une à Anvers pour y améliorer la valeur de l’enceinte, une dans le camp retranché d’Anvers. Les trois autres compagnies sont rattachées par moitié à chacune de nos cinq divisions d’Armée et à la citadelle de Namur.


    Les états-majors du régiment et de ses deux bataillons constitutifs ainsi que les trois compagnies spéciales au complet sont maintenus à Anvers.


    Le 29 janvier 1874, un arrêté royal divisait le régiment de sapeurs-mineurs en trois bataillons à quatre compagnies, plus un dépôt.  Au lieu des trois compagnies spéciales il en était constitué cinq autres :


1° Une compagnie de chemins de fer;

2° Une compagnie de télégraphistes de place et d’artificiers;

3° Une compagnie de télégraphistes de campagne;

4° Une compagnie de pontonniers de place;

5° Une compagnie d’ouvriers.


    La compagnie de pontonniers de place avait comme attributions de construire des ponts d’urgence dans les places fortes - surtout à Anvers -, de visiter et entretenir les ouvrages hydrauliques, de placer les mines sous-marines dans les passes de l’Escaut; elle assurait en outre l’instruction pratique des élèves-pontonniers du Génie. Le 20 juillet 1889, un arrêté royal fixait la nouvelle composition du régiment du Génie :


  1. -trois bataillons actifs à quatre compagnies;

  2. -un bataillon de réserve à quatre compagnies;

  3. -un dépôt annexe.


    L’arrêté royal du 24 novembre 1902 modifiait une nouvelle fois la composition du Régiment du Génie :


  1. -le 1er bataillon du Génie : bataillon de campagne à quatre compagnies actives;

  2. -le 2e bataillon du Génie : bataillon de forteresse à quatre compagnies actives (Anvers);

  3. -le 3e et 4e bataillons de forteresse à deux compagnies actives et deux compagnies de réserve (Namur, Liège);

  4. -un dépôt - annexe.


    Quand aux cinq compagnies spéciales, certaines changeaient de nom :


  1. -une compagnie de chemin de fer;

  2. -une compagnie de télégraphistes;

  3. -une compagnie de torpilleurs et artificiers (Bas-Escaut);

  4. -une compagnie d’ouvriers;

  5. -une compagnie de pontonniers, provenant de la fusion de l’ancienne compagnie de pontonniers de place avec la compagnie de pontonniers d’artillerie, dissoute par le même arrêté royal et dont il sera traité ultérieurement.


    Le 29 mars 1910, un arrêté royal détachait les 3e et 4e bataillons du Génie du régiment et les constituait en bataillons du Génie de forteresse des positions fortifiées de Liège et de Namur.


    En 1913, l’organisation de l’Armée prévoyait :


1° Un bataillon divisionnaire du Génie pour chacune des     divisions d’Armée (numérotés de 1 à 6).


2° Une compagnie de pionniers-pontonniers cyclistes     (P.P.C.) pour la division de cavalerie.


3° Un régiment de Génie à six bataillons à savoir :


- un bataillon d’active comprenant :

    1. -une compagnie de pontonniers;

    2. -une compagnie de projecteurs;

  1. - un bataillon d’active comprenant deux compagnies de sapeurs-mineurs;

- quatre bataillons de réserve, faisant partie des troupes techniques de siège de la PFA (position fortifiée d’Anvers).


4° Deux bataillons du Génie pour la PFN et la PFL et comprenant chacun :


- une compagnie de pionniers-pontonniers;

- une compagnie de télégraphistes et projecteurs;

- une compagnie jumelée de sapeurs-mineurs.


5° Un bataillon constitué de cinq compagnies spéciales :


- une compagnie de chemin de fer;

- une compagnie de télégraphistes;

- une compagnie de torpilleurs et artificiers (Bas-Escaut);

- une compagnie d’ouvriers;

- une compagnie d’aérostiers (ballons et cerf-volants).




  1. 3. La compagnie de pontonniers d’artillerie.


    Au moment de la rupture hollando-belge en 1830, l’artillerie des Pays-Bas possédait une petite «compagnie de pontonniers» dont le cadre comportait un major, un capitaine, deux lieutenants et deux lieutenants en second, tous d’origine hollandaise. En septembre 1830, l’Armée belge improvisée n’avait pas d’artillerie et n’avait pas encore besoin de pontonniers d’artillerie.


    L’un des premiers soucis de notre premier Roi fut précisément de doter l’Armée d’une sérieuse artillerie; il fit appel au Général-baron Evain, un français, pour solutionner rapidement ce problème. L’artillerie une fois sur pied, la nécessité se fit sentir immédiatement de lui permettre de se déplacer au delà des obstacles et le 20 avril 1832, l’inspecteur général de l’Armée De Liem déposa la proposition de constituer à Tournai, près du dépôt d’artillerie, une compagnie de pontonniers.

Le 27 mai 1832, sous l’impulsion du Général Evain, Ministre de la Guerre depuis cinq jours, Léopold Ier signa un arrêté, créant une compagnie de pontonniers, casernée provisoirement à Liège. L’organisation de l’unité nouvelle fut confiée à un officier français : le capitaine en second d’artillerie Augustin Guillaumot, âgé de 33 ans.


    La compagnie de pontonniers comprenait :


  1. -un capitaine de 1re classe;

  2. -un capitaine de 2e classe;

  3. -un lieutenant en premier;

  4. -un lieutenant en second;

  5. -un sergent-major (ouvrier ou batelier);

  6. -six sergent (dont quatre bateliers);

  7. -un fourrier;

  8. -huit caporaux (dont six bateliers);

  9. -deux trompettes;

  10. -vingt-cinq pontonniers de 1re classe volontaires;

  11. -trente pontonniers de 2e classe volontaires;

  12. -soixante pontonniers de 2e classe miliciens.


    Au total, la compagnie de pontonniers comprenait quatre officiers et cent trente -trois sous-officiers et troupes.


    La compagnie de pontonniers d’artillerie devait subsister durant septante ans, subissant au cours de sa longue vie quelques légères modifications de cadre et d’effectif de la troupe. En mai 1859, elle quitta Liège pour Anvers. Un arrêté royal du 24 novembre 1902 supprima cette unité et en versa les hommes dans la compagnie de pontonniers de place du génie dont le nom fut modifié en compagnie de pontonniers. En fait, les pontonniers de l’artillerie furent des artilleurs et portaient l’uniforme de l’artillerie de siège ou de forteresse.

A partir du 20 décembre 1892, il fut décidé qu’une ancre serait appliquée à chacun des angles supérieurs du collet de la capote des pontonniers : ancre brodée en or pour les sous-officiers et les trompettes, en laine écarlate pour les brigadiers et les pontonniers.


4.Les origines du Corps des officiers du Génie.


Comment le Gouvernement provisoire de 1830 pouvait-il résoudre le problème des officiers aptes à commander des troupes de Génie ou à diriger des services techniques du Génie tels que les bâtiments militaires, les travaux, les fortifications ?

Il n’y avait en effet que très peu de Belges ayant servi comme militaires de carrières dans les unités de Génie de l’Armée des Pays-Bas, entre 1815 et 1830; on dut faire appel à quelques civils, professeurs de mathématiques ou de sciences, et en faire des « aspirants du Génie » ayant le grade d’adjudant et la solde de sous-lieutenant d’infanterie. Après un stage de quelques mois, un examen était imposé à ces aspirants en vue de les admettre dans le cadre des officiers.

Le recrutement des ces candidats-officiers étant insuffisant, on songea à appliquer un décret impérial du 13 mars 1814, obligeant les ingénieurs des Ponts et Chaussées à se ranger sous les drapeaux en temps de guerre.


    Or en 1830, notre jeune royaume comptait vingt-sept ingénieurs des Ponts et Chaussées; onze étaient issus de l’Ecole Polytechniques de France et avaient combattu comme officiers dans les rangs des armées de Napoléon, tandis que le seize autres étaient issus des Ecoles Spéciales de Delft et de Breda.

Le 17 février 1831, un arrêté du Régent confondait en un seul corps, le Génie militaire et l’administration des Ponts et Chaussées. Ainsi le corps du Génie se trouva doté, du jour au lendemain, de :


  1. -un officier général, directeur général, inspecteur du Génie;

  2. -deux officiers généraux ou colonels, inspecteurs du Génie;

  3. -sept colonels;

  4. -six lieutenants-colonels;

  5. -huit majors;

  6. -douze capitaines en premier;

  7. -dix capitaines en second;

  8. -douze lieutenants en premier;

  9. -dix lieutenants en second.


    Cette mesure radicale et exceptionnelle mécontenta tellement les militaires de carrière que le 26 avril 1831, l’arrêté fut rapporté ! Après discussion dans les Chambres, on décida le 20 juin 1831 que les ingénieurs et les conducteurs des Ponts et Chaussées seraient mis temporairement à la disposition du Ministre de la Guerre, pour le Service du Génie, en cas d’hostilités. Quelques années s’écoulèrent et le 5 mars 1834, un arrêté royal admit un certain nombre d’élèves à l’Ecole Militaire en voie de création et les cours commencèrent le 1er juillet 1834. Cinq ans plus tard sortirent de cette Ecole les premiers officiers du Génie belge ayant reçu une instruction homogène : les sous-lieutenant Carette, Liagre ( qui devait commander l’Ecole Militaire de 1869 à 1879 ), Marneffe, Rousseau, Wynants, François, Squillier et Neujean.


     Entre-temps, un certain nombre d’anciens élèves de l’Ecole Provisoire des Aspirants d’artillerie, fondée à Bruxelles en décembre 1831, avaient suivi depuis le 1er juillet 1834, des cours spéciaux dans les locaux de la jeune Ecole Militaire, rue de Namur. Huit d’entre eux sortirent de l’école en juillet 1835, avec le grade de « sous-lieutenant des sapeurs-mineurs ».

Ce sont : Goffinet, Deseure, Prevost, Stroykens, Vandenbossche, Devilers et Wallaert.


    Si ces origines nationales de notre corps d’officiers du Génie furent relativement modestes, elles assurèrent cependant à notre arme une base solide, car bien vite elle se tailla parmi les autres armes une large place au soleil et produisit au cours des lustres suivants des hommes remarquables comme les lieutenants généraux Liarge, H-A Brialmont, Graty, E. Lasserre, G. Leman et E. Cuvelier; le premier et les trois derniers commandèrent respectivement l’Ecole Militaire de 1869 à 1879, de 1886 à 1889, de 1905 à 1914 et en 1914. Enfin n’oublions pas, parmi tant d’autres officiers du Génie issus de l’Ecole Militaire, Ramaeckers et Balat, morts en pionniers au Congo Belge.